ÉTUDES AFRICAINES ÉTUDES DU DÉVELOPPEMENT
« Rappelez-vous toujours que les gens ne se battent pas pour des idées, ou simplement pour des choses qui leurs passent par la tête. Les gens luttent, et acceptent les sacrifices exigés par la lutte, dans le but d’obtenir des avantages matériels, pour être en mesure de vivre une vie meilleure dans la paix, pour voir leur vie progresser et pour assurer l’avenir de leurs enfants. »
Appel de propositions : Nationalismes africains : histoire et développement. Conférence qui aura lieu à l’Université York de Toronto (Canada)
Description
En Afrique, la conquête de l’État par des forces nationalistes a rarement donné lieu à un véritable développement national. Or bien avant que le néolibéralisme ne bouleverse l’Afrique en l’intégrant – voire la subordonnant – au marché mondial, plusieurs nationalistes croyaient que le développement des pays africains passait par une politique d’intégration et transformation. Malgré les nombreux détours empruntés de gré ou de force dans les parcours de développement tracés depuis l’indépendance, son sens initial, sinon les espoirs qu’il suscite demeurent. Les évocations de longs processus historiques de rapides changements sociaux se répètent alors que les nombreuses agences, notamment gouvernementales, les « marchés », et une grande variété d’organisations et de mouvements sociaux déploient des efforts conscients d’amélioration qui reprennent une description, une vision et la mesure d’une société désirable qui aurait surmonté la pauvreté.
Pour plusieurs, les bénéfices des transformations historiques de longue durée n’ont pas encore atteint maints États et sociétés d’Afrique, et les aspirations d’une société meilleure demeurent insatisfaites. Malgré l’omniprésente contestation des sites et des agences de développement, qu’elles soient étatiques ou non, dans un contexte d’apparente implosion des idées et pratiques du développement national, les sources qui animaient ses idées et pratiques ainsi que leurs héritages demeurent un objet à explorer et étudier.
Actuellement, les imaginaires historiques et politiques d’origines sur le développement national demeurent enfouis sous les nouveaux défis posés tant par la renaissance d’États
développementistes, que par les nombreuses tentatives de forger des alternatives au modèle de développement centré sur l’État. C’est précisément dans ce contexte de détachement apparent et par l’évidente faillite idéologique du néolibéralisme que cette conférence se propose de revisiter les histoires du nationalisme et du développement national. Car malgré la résilience de nombreux vestiges idéologiques, institutionnels et économiques du néolibéralisme, le nationalisme et l’idéal de développement national sont loin d’être épuisés.
Cette conférence ne cherchera pas simplement à dresser un portrait du développement national qui reposerait sur des analogies avec les histoires venues d’ailleurs, ni non plus à rendre compte de la « grande divergence » de l’Afrique relativement à d’autres parcours historiques telles que le suggèrent les dernières avancées en histoire économique comparée du développement. Cette conférence tentera plutôt de cerner autant le portrait général que les particularités historiques des racines qui pénètrent les différents nationalismes d’Afrique, dont l’héritage continue de teinter, voire de contraindre les trajectoires intentionnelles ou accidentelles de développement.
Bien que les sujets énoncés ne soient pas exhaustifs, ni ne se veulent limitatifs, nous invitons les participants et participantes à avoir les thèmes suivants en tête :
- Historiographie des nationalismes africains
- Relations sociales de sexe (ou genre), nationalisme et développement
- Inégalités et développement inégal
- Réémergence du développementisme?
- Populisme africain : anciens et contemporains
- Identité et développement national et local
- Omettre le développement local/redécouvrir le développement local
- Théorisation de l’État postcolonial en Afrique
- Les mouvements nationalistes africains et la pensée nationaliste
- Classes sociales, travail et nationalisme
- Panafricanisme
Organisateurs et organisatrices : Alex Caramento, J.P. Diamani, Pablo Idahosa, Merouan Mekouar, and Gertrude Mianda.
Les résumés d’entre 200 et 300 mots en français ou en anglais doivent parvenir à l’adresse natdev1@yorku.ca d’ici au 31 juillet 2015.
Présentateurs Invités:
Dr. Ama Biney, Pazambuka*
Gillian Hart, Université de Californie à Berkeley*
Georges Nzongola-Ntalaja, Université de Caroline du Nord à Chapel Hill*
* Ont accepté de venir
